Archive | septembre 2006

La tolérance

J’ai déjà parlé de mon passé dans de précédents billets, sur des sujets qui m’ont particulièrement touchée dans ma vie de "paysanne". J’étais à cette époque une jeune maman de 2 petites filles adorables, mais je voulais donner à mon époux l’héritier qui transmettrait son nom.
En raison probablement des dures conditions dans lesquelles je travaillais, je n’arrivais pas à concevoir. Ma 2ème grossesse avait déjà été difficile à mener à son terme j’avais eu ces traitements qui se sont révélés par la suite être dangereux pour les filles nées des mamans qui les avaient subis, et j’ai supporté piqûres, repos maximum jusqu’à la fin de cette grossesse.
Lorsque nous avons voulu notre 3ème enfant, ce fut encore le parcours du combattant, plusieurs grossesses qui ne passaient pas le 2ème mois, de nouveaux traitements, et enfin mon médecin traitant qui décidât de tout stopper et de laisser faire la nature.
Puis un jour, dans ma famille, l’un de mes frères s’est retrouvé "père célibataire", je n’entrerai pas dans les détails qui ont amené cette situation, c’est son histoire et pas la mienne. Donc, il m’a demandé s’il pouvait me confier son petit garçon de 13 mois qu’il avait eu avec une jeune femme réunionnaise.
Cet enfant était magnifique, je voulais un garçon et il m’en tombait un tout fait ! j’ai bien entendu accepté, sans même penser qu’un jour son père le reprendrait, il travaillait beaucoup à l’étranger ou dans les départements ou territoire d’outre-mer, cet enfant devenait le mien.
Ce fut un vrai coup de foudre "maman-bébé" entre nous deux, il avait cette belle couleur café au lait, mes 2 filles, âgées à ce moment là respectivement de 10 et 7 ans, l’ont accepté comme leur petit frère.
Si je vous ai parlé de mes difficultés à concevoir un 3° enfant, c’est surtout pour mettre l’accent sur la focalisation que nous faisons, nous les femmes, avec nos angoisses de ne pas être féconde, car dès l’instant où j’ai accepté le petit de mon frère, j’ai déverrouillé complètement mon esprit. J’avais le petit garçon désiré, je ne pensais plus à ma difficulté de concevoir.
Moralité, parce que là il y en a une, j’ai été enceinte 2 mois après cet évènement….. et j’ai eu un petit garçon.
Lorsque mon Sébastien est venu au monde, c’était évidemment le plus bel enfant qui pouvait exister… et tout mon entourage qui connaissait mon désir d’enfant était là pour me visiter et voir le petit "prince", les 2 classes au complet où étaient mes filles, institutrices comprises, ont défilé pour voir enfin ce "Sébastien" qui était attendu depuis plusieurs années. C’est ça le charme des petits villages, tout le monde vous connaît et vous donne beaucoup d’amitié.
Un jour où je n’avais personne pour garder les enfants le temps de faire mes provisions, je suis allée avec les 4 petits jusqu’à Montauban dans une grande surface ; il devait sûrement y avoir urgence, car j’évitais de les emmener en général, ce n’est pas une partie de plaisir pour les petits.
Je marchais donc dans les rayons, avec mes 2 poupées, l’une châtain clair et l’autre blond platine, toutes les 2 yeux bien bleus, mon Sébastien les yeux aussi bleu que ses soeurs, moi une maigrichonne avec les cheveux noirs (naturel) et les yeux noisette, et mon Dominique, tout beau ses grands yeux bruns ses cheveux noirs comme le jai et sa belle couleur café au lait, il est vrai que c’était assez cocasse, quand soudain, une femme entre deux âges s’approche de moi, me regarde l’air outré et me dit en regardant Dominique : "Si c’est pas une honte !".
Je l’ai regardée interloquée, je ne pensais pas qu’on puisse dire des choses aussi laides en regardant un enfant, mais je lui ai répondu avec mon plus beau sourire : "que voulez-vous chère Madame, j’ai un mari complaisant", c’était la première chose qui m’était venue à l’esprit car on ne pouvait imaginer plus grande stupidité.
Lorsque je l’avais mis à l’école il avait également eu des propos racistes et mes filles le protégeaient mais au fil du temps, les enfants avaient appris à l’apprécier.
Alors bien sûr, vous me direz qu’il y a près de 30 ans de ça, et bien dites-moi, est-ce que les temps ont vraiment changé ? Non ! beaucoup plus tard, il avait environ 17 ans, il était venu en vacances chez moi et nous étions partis en promenade, nous nous étions arrêtés dans un parc car je voulais faire ma petite "pause paupière" tous les 200 km, et bien le temps de ma mini-sieste il a été contrôlé par la police, on lui a demandé ses papiers etc… etc… j’appellerai ça un "délit de sale gueule", c’est un de plus, parmi beaucoup d’autres, mais, il faut être positif, ce n’est pas une majorité malgré tout, mais on remarque plus le négatif que le positif.
Pourquoi la différence gêne t’elle ? là je parle de la couleur, mais il y a aussi l’homophobie, les religions, les gens du voyages (sous des prétextes fallacieux) la non-acceptation des personnes handicapées,  (que ce soit les sourds-malentendants, paraplégiques….. je ne peux tout citer) ce n’est pas contagieux, mais il y a du boulot pour l’éducation ou la rééducation des mentalités.
En attendant les jours meilleurs…..
Daniela
 
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Un homme reste un homme ! et culture américaine…

ça aurait pu être un collègue de bureau :
 

Pourquoi j’ai viré ma secrétaire

 Je me suis réveillé ce jour-là et j’avais 40 ans.

 Je ne me sentais pas très bien mais j’espérais que ma femme me souhaiterait un Joyeux Anniversaire.

A ma grande déception, elle ne m’a même pas dit bonjour.

Au petit-déjeuner, mes enfants ne m’ont pas parlé.

 Au bureau, ma secrétaire m’a dit : "Joyeux Anniversaire !".

J’étais heureux, car au moins elle s’était souvenue de moi, mais à ma grande tristesse, mes collègues m’avaient oublié.

A midi, ma secrétaire m’a dit : "Pourquoi ne pas déjeuner ensemble ?"

J’ai dis que c’était la plus belle chose qu’on m’avait proposée ce jour.

Nous sommes alors partis prendre un verre et manger ensemble.

 Sur le chemin du bureau, elle m’a dit :

"Pourquoi retourner au boulot si tôt un tel jour ?" et me proposa de passer chez elle.

Arrivés chez elle, elle m’a offert un verre et m’a dit :

"Cela ne te dérange pas que je me mette à l’aise ?".

J’ai répondu : "Quelle question !"

Et dans ma tête je me disais que ça pouvait être une expérience intéressante…

Elle est partie dans sa chambre et est revenue avec un énorme gâteau,

suivie de ma femme, de mes enfants, de mon patron et de tous mes collègues.

Et moi j’étais comme un con, à poil dans le salon…

 

Toujours histoire d’en rire, un peu de culture américaine –

-Premier jour d’école dans une classe américaine. 
L’institutrice présente à la classe un nouvel élève: Sakiro Suzuki. 
L’heure commence. L’institutrice: 
– Bon, voyons qui maîtrise l’histoire de la culture américaine ? 
Qui a dit: "DONNEZ-MOI LA LIBERTE OU LA MORT" ? 
Pas un murmure dans la salle. Suzuki lève la main: 
– Patrick Henry, 1775, à Philadelphia. 
– Très bien Suzuki ! 
Et qui a dit : "L’ETAT EST LE PEUPLE, LE PEUPLE NE PEUT PAS SOMBRER" ? 
– Abraham Lincoln, 1863 a Washington, répond Suzuki. 
L’institutrice regarde les élèves et dit: 
– Honte à vous ! Suzuki est Japonais et il connaît l’histoire américaine mieux que vous ! 
On entend alors une petite voix au fond de la classe – Allez tous vous faire f…, connards de Japonais ! 
– Qui a dit ça ? s’insurge l’institutrice. 
Suzuki lève la main et sans attendre, dit: 
– Général Mc Arthur, 1942, au Canal de Panama et Lee Iacocca, 1982, lors de l’assemblée générale de General Motors. 
Dans la classe plongée dans le silence, on entend un discret: 
– Y’m’ fait vomir. 
L’institutrice de hurler: 
– Qui a dit ça ? 
Et Suzuki de répondre: 
– George Bush Senior au premier Ministre Tanaka pendant un  dîner officiel à Tokyo en 1991. 
Un des élèves se lève alors et crie: 
– Pomp’moi l’gland ! 
Et Suzuki, sans sourciller: 
– Bill Clinton à Monica Lewinsky, 1997 dans la salle ovale de la Maison Blanche , à Washington. 

Un autre élève lui hurle alors: 
– Suzuki, espèce de merde ! 
Et Suzuki: 
– Valentino Rossi, lors du Grand Prix de Moto en Afrique du Sud en 2002. 

La salle tombe littéralement dans l’hystérie, l’institutrice perd connaissance, la porte s’ouvre et le directeur de l’école apparaît: 
– MERDE, j’ai encore jamais vu un bordel pareil ! 
Et Suzuki:  
– Jacques Chirac, en ouvrant le dossier "CPE"..

 

Une nuit de terreur

Voici environ 13 ans, j’avais fait l’acquisition d’une grande bâtisse de style "montalbanais", genre de bastide en terre et torchis, édifiée au cours de l’année 1863. Il ne restait de cette habitation, que le hors d’eau et d’air, si l’on peut dire et l’intérieur passablement délabré !
Elle avait été édifiée dans un temps où les paysans avaient un four commun qui était situé juste derrière la maison.
Elle-même était à l’origine composée de deux habitations, la partie gauche qui était une sorte de petit appartement, la partie droite devait être l’habitation principale et entre les deux une grande étable.
Quand j’avais fait cette acquisition, j’avais pour objectif de la transformer pour faire des chambres d’hôtes. Bien entendu, ma séparation d’avec mon époux a totalement changé mes objectifs. Après 4/5 ans d’hésitation, que fais-je ou que ne fais-je pas ? Après un ras-le-bol du boulot, du quotidien stressant, j’ai décidé de la faire restaurer pour m’y établir.
Je ne voulais pas vivre en ermite, non ! j’avais déjà étudié les possibilités de continuer mes cours de danse et autres activités artistiques que je ne comptais pas abandonner, et j’avais fait la connaissance des mes voisins environnant qui étaient plutôt sympathiques.
J’ai donc commencé par la partie la plus importante, celle que je destinais à mon habitation permanente et j’ai passé mes 3 semaines de congés à enlever les carreaux de terre cuite à l’aide d’une barre à mine, 90 m2, puis à creuser toute cette surface sur 25 cm de hauteur environ pour prévoir le passage des diverses canalisations arrivées d’eau et évacuation, j’ai charrié à la brouette environ 2.5 tonnes de terre que j’ai évacuée jusqu’au champ. Je ne vous décrirai pas ce que j’ai enduré, ceux qui ont déjà fait du terrassement comprendront aisément, une terre battue et tassée depuis 2 siècles, c’est presque du béton. Mes abdos et mes pectoraux avaient apprécié.
Une fois cette corvée terminée, la "porte d’entrée" n’avait plus de seuil et laissait donc une ouverture que je bouchais avec des planches et des pierres car je dormais dans la chambre, seule pièce "habitable" dans cette bâtisse.
Je vivais en spartiate, j’avais bien l’eau au compteur, mais pour tout ce qui était des commodités, j’avais mon matériel de camping. J’avais quand même fait poser un compteur électrique dit "forain" et je m’étais accordé le luxe de descendre une petite télé portative. Quand arrivait le soir, je n’avais pas le courage de faire autre chose que me coucher, j’écrivais bien un peu, mais la fatigue me terrassait, je tentais bien de lire un peu mais je m’éffondrais rapidement.
Chaque année pendant 3 ans j’ai passé une partie de mes congés à améliorer mes séjours !
Un jour, il me prend l’idée d’affronter mon dégoût et d’aller dans la partie appartement de la maison. J’étais harnachée ; bonnet sur la tête, lunettes de soudeur, gants de chirurgien et un linge devant la bouche ! Cette pièce était rebutante de crasse, toiles d’araîgnées, crottes de rats et souris, déjections diverses, mais il fallait en faire quelque chose, elle mesurait environ 35 m² avait une grande cheminée et au fond, une pièce aveugle, de 2 m de profondeur environ, d’où partait un escalier sommaire en bois, avec une autre cheminée contre la façade du mur extérieur. Prenant mon courage à deux mains, je suis allée à l’étage où j’ai constaté la même saleté repoussante !
J’ai d’abord commencé à enlever les toiles d’araîgnées puis j’ai passé une semaine entière à récurer.
Le carrelage était posé à même la terre, comme dans l’autre partie, mais il était dans un état correct. J’ai donc vidé les joints de la terre qui s’y trouvait et les ai rempli de ciment-joint. Pendant que les joints séchaient, j’ai commencé à bâtir une porte d’entrée avec les planches et les ferrures achetées préalablement, puis j’ai repris le nettoyage du carrelage, je l’ai brossé, décapé puis je l’ai enduit d’un produit protecteur qui me permettait de passer le balai sans soulever des tonnes de poussière.
Je m’accordais chaque jour 6 heures de dur labeur puis j’allais à la piscine chez mes amis qui habitaient à 10 km de là, après m’être douchée au tuyau (à l’eau froide bien entendu, mais c’était un été de canicule). 
Ensuite, j’ai attaqué le plancher de l’étage qui était en même temps le plafond du rez-de-chaussée. J’ai arraché toutes les vieilles planches avec mon arrache-clous et une fois le travail terminé, je suis allée acheter le matériel dont j’avais besoin.
J’ai loué un petit camion puis j’ai ramené toute seule tout le plancher dont j’avais besoin, la laine de verre pour isoler le plafond de l’étage et le lambris, ainsi que les bidons pour traiter tout ce bois.
Vous dire ce que j’ai sué, vous pouvez facilement vous l’imaginer, le petit bout de femme que je suis n’ayant pas la musculature adéquate, a dû user d’imagination pour transporter ce matériel dans les meilleures conditions, mais je n’avais pas le choix j’étais seule, il fallait bien me débrouiller.
J’ai passé 2 mois entiers à restaurer cette partie pour la rendre habitable.
J’avais décidé d’emménager, mais il était déjà tard, j’ai donc remis au lendemain cette formalité.
Après m’être restaurée, "douchée", je m’installe avec un livre pour me détendre. Il faisait une chaleur torride, je me couchais donc dans la tenue d’Eve.
Mes yeux commençant à donner des signes d’endormissement, je décide d’éteindre la lumière et je m’endormis dans les secondes qui suivirent.
Je ne suis pas d’un naturel pétochard, mais je demeure prudente c’est le moins que je puisse faire. Je suis bien consciente que je ne suis pas un "top model" et que j’ai largement passé l’âge de me faire enlever, mais quand en plein milieu de la nuit soudainement vous entendez des bruits suspects, vous commencez quand même à baliser.
Je commence à entendre des coups violents contre la porte d’entrée, je me réveille en sursaut, prends ma lampe torche, je n’ose pas allumer la lumière, et je réfléchis : il n’y a pas d’ours dans cette région, c’est peut-être un sanglier ! Je me lève donc, mais à poil je me sens démunie, alors je crie à la "chose" de ficher le camp, il était 4 heures du matin.
J’attends environ 10 mn et là, rassurée, je me rendors. A peine une demi-heure après, même ramdam…. des coups violents à ma porte, je n’avais plus de salive ! Tout me passait par la tête, j’étais convaincue qu’il y avait un animal, mais je n’en connaissais ni la taille, ni la portée de sa menace, j’étais carrément terrorisée. Malgré tout, j’ouvre la porte de ma chambre et j’allume la lumière, toujours dans la tenue d’Eve et franchement, c’était le cadet de mes soucis, et je me remets à invectiver "l’individu" à quatre pattes, et le chahut s’est de nouveau arrêté. Le cinéma a duré jusqu’à 5 H 30, à raison d’un éveil chaque demi-heure ou à peu près, mais chaque fois j’arrivais à me rendormir. Finalement, le jour commençait à pointer j’ai donc décidé de m’habiller et d’affronter l’ennemi.
Je sors de la chambre, j’allume et, dans le coin de la porte, à l’angle du mur, j’aperçois 2 petits lapereaux….. les pauvres petites bêtes étaient blotties l’une contre l’autre, complètement terrorisées, je les ai caressés doucement puis je suis sortie de la maison, en ai fait le tour et je n’ai vu que la chienne de mes voisins qui partait, et là j’ai compris, la chienne avait poursuivi les petits lapins de garenne et, ne pouvant pénétrer dans la maison, elle devait essayer d’ouvrir la porte en sautant contre avec les 2 pattes avant. Je lui ai fait la leçon pour la peur qu’elle m’avait faite et elle est partie, penaude, les oreilles basses. J’avais quand même eu une sacrée trouille.
Par sécurité je fais quand même le tour de la maison, et là, dans le champ, je vois un spectacle d’un autre monde, dans le jour qui se levait à peine, au milieu de mon champ, il y avait quantité de lapins et lapereaux, on aurait dit une danse célébrant la venue du jour, c’était magique !
Après une nuit de terreur, ce spectacle étrange était réconfortant, mais je peux vous garantir que j’ai emménagé le jour même dans la partie "sécurisée" de l’appartement où j’ai dormi à l’étage.
L’année suivante, je suis revenue pour passer quelques jours, mais il n’y avait rien que je puisse faire par mes propres moyens dans la restauration envisagée, les travaux à entreprendre étaient bien trop lourds. J’ai pris conscience que je ne viendrais pas vivre ici, et là, j’ai décidé de la vendre.
Daniela

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Histoire de blondes……

Deux blondes attendent aux portes du paradis après leur mort.

La première demande à l’autre :

– Comment es-tu morte ?

– Je suis morte gelée.

– Ah, c’est horrible ! Comment c’est de mourir gelée ?

– Tu trembles, tu as mal aux doigts et aux orteils.

Mais après un certain temps, tu deviens très calme et tu finis par partir doucement, comme si tu t’endormais…

– Et toi, comment es-tu morte ?

– Ah moi, j’ai eu une crise cardiaque.

Je soupçonnais mon mari de me tromper, alors un jour j’ai décidé d’en avoir le coeur net.

Je suis rentrée à la maison en plein après-midi et j’ai trouvé mon mari en train de regarder la télé.

J’ai couru dans la chambre à coucher et je n’ai trouvé personne, puis j’ai couru au sous-sol à toute vitesse, personne ne s’y cachait non plus.

Je suis montée au deuxième étage à toute allure, mais encore personne.

Je suis finalement montée en trombe au grenier, et avant même d’y parvenir, j’ai fait une crise cardiaque et je suis morte.

La deuxième blonde dit alors :

– Quel malheur ! Si seulement tu avais vérifié dans le congélateur, nous serions toutes les deux vivantes !

– * –



Une blonde est avec son copain dans une voiture garée à l’abri des regards indiscrets.

Ils s’embrassent tendrement et langoureusement quand le garçon propose à la blonde :

– Tu ne veux pas aller sur la banquette arrière ?

La blonde fait la moue, et refuse l’invitation.

Le garçon, courtois, ne brusque pas les choses.

Les 2 amoureux repartent de plus belle dans des embrassades sans fin…

Au bout de quelque temps, le garçon réitère sa proposition :

Tu ne veux pas aller sur la banquette arrière ?

La blonde ne semble décidément pas d’accord.

Le garçon reste dubitatif, car tout se passe bien et il ne comprend pas les motifs de son refus.

Il lui demande :

Mais pourquoi ne veux-tu pas aller sur la banquette arrière?

La blonde lui répond :

Parce que je préfère rester avec toi !!!


Ce n’était pas drôle tous les jours…

Je parlais un peu plus haut des cours de la bourse, et bien pour l’élevage des porcs c’était un peu ça, il pouvait y avoir une année de bonne pour 5 qui nous faisaient plonger. Manque de chance pour nous, nous étions dans les 5 mauvaises années et avions acheté les reproductrices quand les cours étaient en hausse, conseillés par des techniciens en agriculture…… (il n’y a bien que des bureaucrates pour penser aussi mal) en espérant que les cours tiendraient.
Nous avons été sauvés par le gong finalement, car nous étions prêts à investir pour une stabulation porcine qui nous aurait mis en liquidation avec la rapidité de l’éclair.
Il peut y avoir de nombreux paramètres intervenant dans ces baisses de cours, notamment l’arrivée sur le marché de porcs provenant de l’étranger, et le problème pour les agneaux était le même avec le commonwealth dans la CEE, encore qu’eux ne produisaient pas les agneaux de lait.
Nous avons donc décidé de prendre le taureau par les cornes, et au lieu de nous installer dans une nécrose budgétaire nous avons étudié les possibilités qui pouvaient être envisagées. J’avais depuis pas mal de temps une idée derrière la tête, mais je n’avais pas gagné au premier tour, n’ayant pas été prise au sérieux dans mes idées, ce sont nos "catastrophes" qui m’ont permis de réaliser mon projet.
Avec la plus grande diplomatie dont je pouvais être (rarement) capable, j’ai fini par faire comprendre à mon époux que l’élevage des chèvres de lait pouvait être rentable, dans un premier temps, car malgré tout, j’avais en arrière-plan l’intention d’équiper une partie des bâtiments en fromagerie, et peut-être en extension, le travail des peaux, mais ça, ça végétait quelque part dans un coin de ma tête, il fallait y aller progressivement pour ne pas brusquer "l’ennemi".
Nous avons donc acheté (avec le peu d’économies que j’avais pu faire) une trentaine de chevrettes (environ 36) et un bouc. Nous nous sommes mis en coopérative afin de suivre avec soin la prophylaxie animale car je dois reconnaître, dans notre pays, les services vétérinaires sont consciencieux et compétents, même si parfois draconiens, ce qui n’est pas le cas de tous les pays faisant partie de l’Europe, non soumis à cette époque aux mêmes règles sur les interdictions pharmaceutiques, je ne sais pas pourquoi j’ai toujours eu l’impression que dans cette entreprise Européenne la France avait souvent été le dindon de la farce, mais bon ! je ne connais pas tout, sauf que l’agriculture était un véritable jeu de l’oie, une année on te payait pour faire de la vache à lait ou autre chose, 2 ans après on te payait pour détruire le même élevage sous des prétextes fallacieux, en jouant des médias et de la méconnaissance du public, simplement en l’écrivant je me sens encore en révolte.
Je reviens à mes chèvres (pas mes moutons, ils sont vendus) avant de les acheter, nous avions visité quelques étables, et avions été introduits chez des éleveurs qui nous ont beaucoup guidés, conseillés judicieusement, et avions participé à une sorte de stage (j’aime bien savoir où je vais) puis nous avions préparé l’étable !
Cette étable se trouvait dans un très vieux bâtiment et avec mon époux nous avions bâti l’estrade où grimperaient les chèvres afin d’être ultérieurement traites après les mises bas. Cette estrade avait la largeur de la chèvre de sorte qu’on pouvait la traire tout en étant assis sur un tabouret, et sur le devant se trouvait une sorte d’échelle où elles passaient leur tête et où on les bloquait par un système de verrouillage en relevant une manette, elles pouvaient se restaurer dans le couloir à grains juste devant elles ainsi que le fourrage arrêté par une sorte de grand rateau. 
Les constructions, tant des étables à veaux que celles des chèvres, nous avions préalablement, mon époux et moi, tous les deux participé à l’abattage des arbres dont nous avions besoin pour les planches et les avions sciées à la scierie sous l’oeil bienveillant du propriétaire qui nous faisait un prix puisque le travail était accompli par tous les deux. Quand nous revenions le soir, nous avions des yeux de lapins russes, la sciure qui s’échappait ne m’épargnait pas et mes lunettes ne me protégeaient pas, mais nous avions tellement la hargne d’y arriver que nous ne nous plaignions pas.
Quand les chevrettes furent là, il m’a fallu réaménager mon temps de travail, je sortais les chevrettes, mais mon petit grandissait, je passe également sur les galères "santé" de ce petit qui me faisait passer du temps à l’hopital, mon époux avait dû prendre un travail en extérieur pour nous permettre de subsister, ce qui rentrait de la ferme allait dans les emprunts,mais je dois reconnaître que si ma belle-famille n’a pas été présente dans ces terribles moments, j’ai pu compter sur des amis fidèles et dévoués, je travaillais tant et dormais si peu que j’étais descendue à 42 kg, on aurait dit un spectre.
Et toujours dans les étables à 4h30 le matin, à 6 h je réveillais mon époux, préparais tout pour le petit déjeuner des enfants, je repartais pour les étables, sortir les chèvres leur donner les compléments, je revenais vers 10 heures quand il n’y avait pas de labours ou du broyage à faire ou à l’époque des foins passer la faucheuse et tout ce qui vient derrière, (mon époux emmenait les petites à l’école) je m’occupais quand même un peu de la maison, le linge le repas le ménage, me restaurer, car ça, je n’oubliais pas, et de nouveau sortir les animaux, aller récupérer les enfants à l’école et leur faire faire les devoirs, puis mon époux prenait le relais à son retour du travail et je retournais dans les étables pour ne rentrer qu’aux environs de 22 heures, là, c’était le répit, je mangeais et nous allions dans le grenier avec mon mari…. pour faire une partie de ping-pong ! c’était un moment privilégié…
Mes chevrettes ont commencé à grossir, le bélier avait oeuvré, et nous avons commencé à avoir les premières mises bas. C’était la première fois pour elles, comme pour moi, j’étais donc attentive. L’une d’elles a commencé à avoir les douleurs, mais le petit ne se présentait pas bien. Habituellement, les chevreaux passent la tête entre les deux pattes de devant, mais pour elle, on voyait les pattes, mais pas la tête ; sa tête était retournée vers l’arrière. Je demande de l’aide à mon voisin qui me dit : ma pauvre dame, il faut découper le petit, sinon votre chèvre va périr….. Imaginez-moi, découper ce petit chevreau alors que sa mère me regardait comme pour m’appeler au secours, il n’en était pas question !
Je me suis passé les mains à la javel (je comprends maintenant pourquoi je fais de l’allergie au chlore, j’ai vraiment fait des abus) ensuite mis de la vaseline, et j’ai commencé à chaque poussée, (d’avoir eu des enfants m’a quand même bien aidée), à rentrer ma main dans son ventre pour tourner la tête du bébé, je souffrais en même temps qu’elle. Quand je croyais l’avoir placé, il se retournait à nouveau, le travail a duré une heure et demie, j’étais à cran de ma patience, mais je ne voulais pas céder à la fatigue. En fin de compte, j’ai réussi à replacer la tête du petit correctement, et ma chèvre et moi, nous avons gagné le combat. Le petit était inerte, nous l’avons frictionné à l’alcool, enveloppé dans une vieille couverture et laissé près de la cheminée jusqu’à ce qu’il récupère, c’était une grande victoire, j’ai pleuré de fatigue, de joie, d’énervement.
Pour éviter que la petite maman ne s’infecte, je l’ai soignée avec les médicaments gynécologiques humains, en fractionnant les doses pour le poids de la bête, et vraiment, elle m’était si reconnaissante, que chaque fois que je les sortais en pâture, elle ne me quittait pas d’une semelle. J’ai quand même vécu là des moments d’une grande intensité et je ne renie rien de cette vie qui m’a appris à vivre en harmonie avec la nature et les animaux.
Vous devez vous demander pourquoi j’ai quitté cette vie dans laquelle je me sentais si bien ? Et bien ce sont des concours de circonstances malheureux, tels un accident de voiture pour moi, le départ de mes beaux-parents et la vente de leur bien sur lequel nous avions notre élevage, la mort de ma maman que je n’avais pas vue depuis 3 ans à cause de l’éloignement, et la banque qui nous a ajourné les prêts que nous devions faire pour aménager des étables et une habitation sur nos propres terre.
Mon époux s’est rapproché de son frère en Provence, nous l’avons suivi, mais c’est véritablement là qu’ont commencé les vraies galères, pas celles du manque d’argent ou le travail, non celle du miroir aux alouettes qui a fait croire à mon époux que l’herbe était plus verte ailleurs que chez nous, et ma patience lui a donné un peu de temps, et encore un peu de temps, puis quand l’amour a été assassiné j’ai décidé de vivre pour moi, sans lui, sans heurt avec un peu d’amertume, mais le temps adoucit les plaies, et comme toujours, je fonce droit devant.
Il n’y a pas de moralité, car l’histoire n’est pas terminée, en tête j’ai toujours des projets et je m’applique à les réaliser, mais je ne suis pas d’accord pour dire "je vais refaire ma vie", la vie on la continue, on ne la refait jamais. Quelques hommes en ces 12 ans ont croisé ma vie, mais pas un je l’avoue ne m’a donné envie de partager la sienne ou de faire des projets.
Je ne fais pas là leur procès, car je sais que c’est moi qui dedans suis cassée et ne remet pas en cause leurs qualités, je suis maintenant tellement éprise de liberté, que l’amour est difficile à conjuguer, et ma vie est tellement occupée, qu’il ne reste qu’un tout petit créneau à lui consacrer !
Je pourrais terminer en écrivant : c’était la chronique d’une vie banale…… mais comme ma vie n’est pas achevée, je reviendrai peut-être encore vous en conter.
Daniela
P.S. Avec l’aimable autorisation d’Alain je joins cette belle photo de mise bas qui va très bien avec mon texte, mais précise-t’il, qui lui vient de Diane dont je n’ai pas l’URL. Il faut donc la trouver chez Alain, voici son URL : http://misenboite.spaces.live.com/ 
 
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Il fût un temps où j’étais paysanne

Il fût un temps où, effectivement, les conditions de vie de mon couple était telles, qu’il nous fallut faire un choix de vie pour élever la famille que nous avions décidé de concevoir, mon ex-époux et moi, dans l’harmonie d’un foyer, ce que les absences causées par son activité professionnelle ne permettaient pas.
Mon ex-époux était issu d’une famille d’agriculteurs dans un pays du Magreb, dont les circonstances de son arrivée en France avec des millions d’autres personnes ne sont plus ignorées. Son insertion en métropole a nécessité un rapide apprentissage pour lui permettre de s’intégrer à la vie professionnelle le plus rapidement possible.
Je passe sur notre rencontre, notre mariage, notre 1er et second enfant, et j’arrive à l’instant où il nous a fallu prendre une décision, précipitée par la phrase de notre fille aînée âgée de 3 ans : "dis maman, qui c’est le Monsieur qui vient des fois…. ?". Nous n’avions pas 50 solutions, ou nous examinions notre vie future basée sur ces absences fréquentes, ou nous changions de vie, ou nous nous séparions.
Le rêve de mon ex-époux était de se rapprocher de ses parents installés dans une région pauvre du Tarn et Garonne (non pas choisie, mais imposée par la politique d’installation de cette époque). L’un de ses frères, de 4 ans son aîné, avait acheté une propriété près des parents et n’arrivait pas à trouver d’ouvrier à la hauteur de sa demande. Nous avons donc, après réflexion, proposé notre candidature pour cet emploi qui nous offrait le logis, un maigre salaire, certes, mais l’espoir pour moi de voir nos enfants grandir dans la nature auprès de leurs deux parents.
Notre ambition était toutefois d’avoir également notre propriété, mais pour ce faire, nous devions passer un brevet d’agriculteur qui nous permettrait d’obtenir une petite prime à l’installation (vraiment petite). Pour nous donner toutes les chances, nous nous sommes inscrits tous les deux, il faut dire qu’à cette époque, dans le département du moins, il n’existait pas de section féminine, j’ai donc participé aux cours de mécaniques et autres masculines études, souvent raillée en toute amitié par les garçons qui étaient sur les bancs avec nous, mais bon, je pouvais dessiner un injecteur sans aucune erreur, ce qui n’était pas le cas de tous. Nous étions 3 filles !
Je suis arrivée seulement en 10ème position, mais sur plus de 200 garçons, ce n’était pas si mal. La première fût une fille de ma classe !
Nous avons donc cherché notre propriété, j’avais trouvé celle qui aurait pu nous convenir, mais mon époux a suivi le conseil de ses parents et nous en avons choisi une autre, uniquement des terres et un bâtiment (une maison en ruine plutôt) arguant le fait que nous étions déjà logés, et faisait miroiter la conception d’un GAEC (groupement qui nous permettait notamment de mettre en commun le matériel).
Je regrettais la propriété que j’avais vue précédemment, car elle était déjà équipée de bâtiments d’exploitation et d’élevage qui nous aurait permis de rentabiliser la première année.
Bref ! nous sommes restés en l’état, travailler pour le frère mais rémunéré, et travailler pour les parents, sans rémunération. La compensation était que nous pouvions nous servir des bâtiments pour réaliser notre "entreprise".
Dans un premier temps, nous avons élevé des moutons, le troupeau a été constitué entre les 3 personnes, le papa, le frère et mon mari. Au bout de la première année, la rentabilité ne convenait pas au frère, il faut dire qu’un élevage, ce n’est pas de l’argent placé en bourse, les intérêts ne tombent pas comme ça, les paramètres ne sont pas les mêmes.
Nous avons donc décidé, après avoir gardé les femelles pour l’année, de vendre une partie du troupeau avec les agneaux mâles et de rembourser l’argent avancé pour éviter des conflits qui n’auraient pas manqué d’arriver.
Ne vous y trompez pas, je ne suis pas allée à la campagne comme une soixante-huitarde attardée, la fleur au fusil, bien que je fusse jeune, j’avais les pieds bien sur terre, et bien que citadine, j’avais des parents à la campagne en Berry et je savais le dur et ingrat labeur que c’était, du 1er janvier au 31 décembre, mais j’avoue que grand était l’amour que j’avais pour mon époux.
Entre le bétail et l’entretien des terres, mon époux seul n’y suffisait pas, mais le garçon manqué que j’étais n’a pas hésité un seul instant, du haut de ses 47 kg et 1.60 m à grimper sur le tracteur, atteler la grosse charrue bi-socs réversible et partir labourer dans les causses. Parfois mon tracteur se cabrait tellement car la terre refusait d’obtempérer, que je remontais à vide pour labourer en descente.
Comme il n’était pas vraiment de mise à cette époque qu’une femme se livrât à ces travaux, j’avais enroulé mes longs cheveux sous une casquette, ce qui me faisait prendre pour un garçon.
Il s’en est passé des jours où nous guettions la pluie pour faire sortir de terre les graines que nous y avions semées, mais la seule eau qui tombait était celle de nos larmes.
Le matin, c’était lever à 4.30 H je commençais par les étables à cochons, nous avons 8 truies portières, la première qui a mis bas nous a fait passer la nuit entière pour seulement 2 porcelets……., si nous n’étions pas restés, nous aurions pu supposer qu’elle les avait mangés, mais non, elle n’était pas très fertile, point !
Le seconde nous a fait une portée de 16 bébés, vous exprimer les sentiments que l’on peut ressentir devant la naissance et le partage de sentiments avec l’animal, ce n’est pas possible ; la truie était couchée en douleur, je lui parlais et lui caressais le groin, et elle me répondait par des "rouff rouff…" très tendres, au 1er petit expulsé, je lui ai fait sentir et des sons très câlins émanaient de cette gueule à priori pas très sympathique, et cette opération a duré des heures… jusqu’au 16ème, cette pauvre bête était épuisée, mais nous aussi.
Les naissances se sont étalées ainsi mais le nombre de naissances était entre 8 et 12 bébés ; pour récupérer un peu de sommeil, je faisais une petite sieste de 20mn chaque après-midi.
Pour sortir les brebis dans les enclos, il me fallait aller jusqu’à la propriété de mes beaux-parents à environ 1km5, mon mari lui s’occupait de l’entretien du matériel, également à la conception de certains outils telle une fourche à fumier, trop onéreuse pour notre petit budget. Sur la propriété de mes beaux-parents existait une petite forge où les outils étaient remis en état c’était son paradis et là, je dois dire, il s’éclatait.
Nos petits porcelets ont commencé à grossir, et vers l’âge de 2 mois et demi, il a fallu en arriver à la nécessité de les castrer. Oui, pour ceux qui ne savent pas, mais un porc est gardé pour la reproduction et devient un verrat, mais pour arriver dans une charcuterie, il ne doit pas avoir de rût, donc obligation de castrer !!!!!
Dans toutes les campagnes existaient les "castreurs", nous n’en avions pas trouvé de disponible, nous avons donc fait appel au vétérinaire pour les premiers porcelets. Là, ce fut épique, installés dans le milieu de la cour, nous nous serions crus dans une salle d’opération. Assistante, bistouri SVP, au résultat il nous assassina 1 petit, nous n’avons pas renouvelé l’opération qui nous a coûté plus cher qu’un porcelet, et pour les suivants, nous avons décidé que nous le ferions nous-mêmes, mais qui serait le chirurgien ? et bien oui, vous avez deviné, ce fut moi, car mon mari, blanc comme un linge était à la limite de tomber dans les pommes.
Je vais essayer de vous expliquer l’opération ; nous nous sommes installés dans une étable nettoyée et javellisée, le flacon d’éther et d’eau de javel à proximité et nous avons commencé l’opération. Le porcelet "grilait" aussitôt attrapé, mais il était aussitôt "ensuqué" avec l’éther, mon mari le tenait coincé, la tête en bas et tenait les 2 pattes arrières bien écartées afin que je procède à l’émasculation. Ne croyez pas que c’est une effusion de sang, pas du tout, il suffisait de faire une petite incision sous le testicule, passer son doigt et le faire sortir de son habitacle, le faire tourner jusqu’à ce que le canal de l’urètre devienne un petit cordon bien serré, et là, un petit coup de bistouri et le tour était joué, désinfection et lâché du porcelet qui s’en allait en trottinant, ravi de recouvrer sa liberté.
Oui, tout se passait bien, jusqu’à ce que je m’aperçoive que l’un des petits était en train de perdre ses tripes. L’espace de quelques instants j’ai failli perdre mon sang-froid, mais je me suis ravisée et souvenue que j’avais dans mes affaires de couture tout un nécessaire à tapissier, ainsi que dans mon tiroir de cuisine, de la ficelle à poulet. Je ramène donc tout cet attirail près de ma salle d’opération provisoire, je désinfecte le tout, aiguille, ficelle, les mains, et nous reprenons le cochon en question. Je m’apprête à lui remettre ses intestins en place, mais avant, je dois les lui désinfecter. Je les ai donc rincés abondamment dans une cuvette d’eau fortement javellisée et les lui ai replacés le plus doucement possible à leur place, ensuite on l’a remis dans la position tête en bas, cul en l’air, mon époux le tenant fermement mais encore plus blanc que d’habitude, et j’ai attaqué mon petit surjet : un point d’un côté, un point de l’autre, mais la peau d’un cochon, même jeune, c’est un peu dur, aussi il m’a fallu sortir l’aiguille à l’aide d’une pince (désinfectée au préalable). De temps en temps un petit coup d’éther sur le groin quand il recommençait à remuer, et j’ai terminé ma couture très proprement. Nous avons isolé le petit dans un endroit où il ne risquait pas d’être blessé ou infecté, et 15 jours après, il était le plus dodu de tous.
Puis est venu le temps des moissons, nos premières moissons…. Nous sommes partis contacter l’entrepreneur qu’employaient mes beaux-parents et mon beau-frère, mais celui-ci était déjà surbooké, il nous dirigea donc vers son jeune frère, et c’est là où mon mari et moi avons fait la connaissance de J.J et M.France, Valérie leur fille aînée avait tout juste 2 mois. Le courant est passé immédiatement, avec Marie-France nous avions beaucoup en commun, elle avait abandonné Paris après sa licence de chimie pour suivre son mari dans les causses du Bas-Quercy qui était, ceci dit en passant, le berceau de sa famille maternelle.
A partir de ce jour, notre amitié à 4 s’est avérée indéfectible jusqu’à…. mon divorce qui a évidemment séparé les amitiés, mais non pas détruites puisque même avec mon ex-époux, j’ai d’excellents rapports amicaux, mais là n’est pas le sujet.
Au cours de nos conversations nous avions parlé de nos projets et objectifs pour rendre viable notre propriété qui était bien ingrate.
Ils subsistaient en autres, de l’élevage de ce que nous appelions "les veaux en batterie", ce qui soulevait bien des polémiques car ce type d’élevage en fait était de faire grossir en 3 mois des veaux qui arrivaient à 15 jours dans les étables et qui en ressortaient 100 jours après. Pour nous c’était évidemment faire de "l’alimentaire", mais il fallait bien vivre, le tout étant principalement d’exercer cet élevage dans les meilleures conditions d’hygiène et de respect de l’animal.
Je vois d’ici les âmes sensibles s’élever contre ce qu’elles appellent des pratiques "barbares", mais il faut bien être lucide, c’est la demande qui amène les choses, et il faudrait ici entamer un débat qui au bout demeurerait stérile par l’incompréhesion des parties entre elles, alors je continue.
Mon mari et moi avions bâti une annexe à une ancienne grange, aménagée de façon à ce que les boxes en bois soient installés en pente, de chaque côté d’une allée centrale, avec un caniveau en fin de pente pour permettre aux excrément de s’écouler et d’être lessivés tous les soirs. Les boxes étaient eux-mêmes équipés de caillebotis (plancher à lattes) pour que le veau ne se couche pas dans ses déjections.
La partie que nous avions agrandie mesurait 12 mètres sur 8, et là étaient installés les mixeurs pour préparer le lait, et les sacs de lait étaient entreposés de l’autre côté. C’est moi qui ai terminé à 4 pattes le mortier de finition car je suis beaucoup plus patiente que mon époux, même si je paraîs être le contraire parce que je suis "speed", mais cet effort a été fourni la veille de mon accouchement, le lendemain, je mettai au monde mon fils Sébastien.
Il est bien évident que lorsqu’on exerce un métier comme paysan, artisan, commerçant ou autre travailleur indépendant, on ne peut pas se permettre de rester à se faire dorloter, même après un accouchement. J’ai donc repris le collier 15 jours après sa naissance, je calais le couffin entre 2 piles de sacs de lait et pouvais allègrement nourrir les veaux et allaiter mon bébé, le mien de lait était à température constante.
Les 15 premiers jours d’une livraison de ces animaux, mon mari était interdit de séjour dans l’étable car il n’avait absolument pas le feeling, aucune patience, il s’énervait et énervait mes bêtes, ce qui avait pour conséquence de m’énerver aussi, nous nous étions donc organisés de façon à ce qu’il conduise les filles à l’école le matin et à les récupérer le soir. Nous ne nous posions pas la question de savoir qui de l’homme ou de la femme devait faire telle ou telle chose, nous nous arrangions pour faire chacun ce pour quoi nous étions le plus doué, je dois avouer que mes années galères ont sûrement été les meilleures. 
Daniela
 
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