Petite histoire… presque ordinaire !

 

C’était par un soir d’hiver, un de ces hivers doux qui ne demande pas encore  à mettre un manteau. Elle avait terminé sa journée de travail beaucoup plus tard que d’habitude elle avait voulu boucler un dernier dossier.

La nuit était déjà tombée depuis longtemps mais elle aimait à errer dans les rues où il y avait cette atmosphère faite de fraîcheur pas encore glacée, regarder les lumières et guirlandes rivalisant entre elles pour éblouir, qui annonçaient  bientôt les fêtes.

Ça lui rappelait les Noëls d’antan où les gens étaient heureux de se promener avec leurs enfants qui regardaient émerveillés les vitrines où étaient exposés  des jouets parfois inaccessibles, avec un brin de nostalgie en se disant que maintenant les enfants étaient tellement gâtés et blasés qu’on n’était même plus certains de leur faire plaisir en leur offrant des présents.

Elle avait bien remarqué en sortant du porche de son bureau, qu’un homme, d’une trentaine d’années environ, était à l’arrêt de l’autobus semblant attendre quelqu’un et son instinct premier lui avait mis les sens en alerte car il n’y avait plus de bus à cette heure.

Elle était âgée d’une cinquantaine d’années, elle était de celles que l’on dit charmante et sympathique, toujours vêtue de manière élégante, profession oblige.

Ce jour-là, la clémence du temps lui avait fait revêtir une robe moulante arrivant au-dessus des genoux, légèrement sexy, un spencer aux couleurs assorti, chaussée d’escarpins pas très hauts mais dont la forme valorisait des jambes harmonieuses ; mais en cet instant elle ne se sentait pas à son aise dans la manière dont cet homme l’avait regardée. Non pas qu’elle redouta les regards en général, mais celui-ci en particulier, si ! Elle regrettait le port de bas qui la faisait se sentir dénudée ; toutefois, elle continua sa route en essayant de détourner une crainte latente.

Elle continuait à marcher tout en s’arrêtant de temps en temps pour regarder une vitrine, prétexte à surveiller l’individu dont elle avait la sensation qu’il la suivait. Elle dépassa un café tabac et continua sa route, elle se dirigeait vers la banque où elle devait déposer un pli.

Après avoir dépassé le café-tabac, elle se retourna et ne le vit plus. Soulagée, elle se dit qu’elle avait fait de la paranoïa et commença à se dérider.

Elle déposa son pli puis rebroussa chemin en direction du parking encore éloigné. Sur le retour, l’homme se retrouva de nouveau derrière elle, ses craintes la reprirent, elle s’était momentanément détendue, mais elle se dit que s’il en avait voulu à son sac à main, il l’aurait dérobé depuis un moment, la peur commença à s’immiscer en elle. Le parking était désert à cette heure-ci, mais peut-être après tout n’était-ce qu’un hasard, il y avait un autre parking avant le sien, il y avait peut-être laissé sa voiture ?

Elle arrive à hauteur du premier parking, et, en effet, l’individu s’y engagea, ouf ! se dit-elle, j’ai vraiment failli céder à la paranoïa. Rassurée et détendue cette fois, elle poursuit son chemin et arrive à l’entrée de son parking. Pour y accéder il existe une voie sans issue qui longe le boulodrome sur sa droite et un emplacement pour les bennes à ordure sur la gauche. A peine arrive t-elle à hauteur des bennes à ordure qu’elle voit surgir l’individu de derrière lesdites bennes et bondir sur elle. Paniquée, elle réalisa à cet instant que les parkings communiquaient par le boulodrome. D’un bond elle court jusqu’à sa voiture, l’ouvre sans difficulté (elle avait eu la présence d’esprit de sortir ses clés avant) s’engouffre dedans et ferme le verrouillage, à l’instant même où il essayait d’ouvrir sa portière.

La bougie de la voiture n’a pas eu le temps de chauffer, elle a démarré comme une folle et est rentrée chez elle en trombe. Elle ne savait pas à quoi elle avait échappé, mais en arrivant elle avait réalisé qu’elle s’était sentie diminuée dans ses défenses parce qu’elle était vêtue comme une femme, féminine mais non aguicheuse ni provocante et qu’elle avait rencontré un cerveau qui ne pensait pas comme un homme normal, mais comme un primitif qui avait agi sous pulsion, sans considération respectueuse quelconque, un animal incontrôlé.

Elle mit un temps qui lui paru interminable pour trouver les clés de son foyer tellement elle tremblait. La peur l’avait dominée, mais la nuit passée, elle s’en voulait et c’est la colère qui a pris le relais et qui a guidé son état d’esprit en retournant le lendemain travailler.

Daniela

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6 réflexions sur “Petite histoire… presque ordinaire !

  1. Sexyraleur

    Sexyraleur

    Viens de lire ton dernier com, à mon tour  de pouffer de rire ! Mais juste un peu… (en fait je me retiens!)16 octobre 22:47()

    Sexyraleur

    Sexyraleur

    Quelle  drole d\’histoire, sombre . Elle laisse un gout amère, et un malaise.Etre belle serait il un appel au viol? Dieu merci, tous les hommes ne sont pas ainsi!Un sourire, une flatterie, au pire un petit sifflet admiratif et nous voila heureux et fiers de notre audace!
    A en juger par l\’heure de nos visites et coms respectifs, je dirais que nous sommes des "couche tard" et que nous passons trop de temps devant nos  écrans (point souvenir de com à sept heures du matin)
    Remarque…Pendant ce temps là , aucune crature sexy ne poura me violer  au fond d\’un parking…Dommage!
    Je plaisante, évidemment
    Amicalement
    Thierry16 octobre 22:40(http://sexyraleur.spaces.live.com/)

  2. bonjour daniela, je viens de lire ton histoire là, et elle me fait penser à un policier, heureusement que tu as les réflexes qu\’il fallait pour t\’en sortir …. parfois sous l\’effet de la panique justement on manque de ces réflexes là !!!
    bonne journée à toi, fait gris, froid, brouillard sur l\’alsace ce matin comme hier matin !!!

  3. Madame joue sur les mots!
    Pas "belle" mais "charmante"! Dans ce cas je défendrai ma thèse et je dirai que la beauté n\’est pas que physique! Quasimodo etait beau ( Ah bon…?
    Hé bien moi aussi, alors!)
    Nous parlons tous deux de cette attirance particuliére, oui, indéfinissable, d\’un regard, d\’une attention ou d\’un sourire . Ce charme  qui laisse deviner tant de beauté!
    Ne disait on pas de Landru que c\’etait quelq\’un de charmant?
     
    HA! HA! Si ça c\’est pas tordu comme réflexion, je bouffe un âne, avec ses sacoches et le curé dessus!
    Thierrry,
    perplexe ( ou ais je mis le bicarbonate de soude ?)
     

  4. après ma soirée télé, consacrée ce soir à la pompadour,
    je viens de lire ton com, on s\’habitue vite aux bonne choses tu vois et on prend vite des tites hab !!!!
    tous les soirs, avant dodo, je fais un tour dans mon courrier et sur mon blog, cela me détend et me permet de bien dormir !!! tu vois en comptant ce soir, je me suis rendue compte que l\’histoire de la pompadour ne s\’est passée qu\’il y a 250 ans…. comme tout a changé!!! n\’empêche qu\’elle a aimé louis xv de toute son ame et tout son coeur, et qu\’elle lui a tout sacrifié! en plus, elle était érudit, elle a fréquenté diderot, voltaire … je crois que je vais lui consacrer un billet un de ces soirs et en plus depuis le premier épisode,
    je rêve d\’une chocolatière en argent même si mes hommes ici me disent que j\’en aurai aucune utilité !!!
    tu l\’auras remarké je saute trjs du coq à l\’ane !!!!
    douce nuit à toi et beaux reves daniela !!!!

  5. Ton histoire n\’est malheureusment pas quelque chose d\’annodin. J\’aimerais sourire et passé sur cette histoire comme si elle n\’était pas révélatrice d\’un réel problème dans notre société pour les femmes qui se promènent seules.
    Mais je une belle écriture et une réussite dans la création d\’un athmosphère. C\’est un excellent départ pour la composition d\’une belle nouvelle.
     
    Il y a un décalage horaire de 6 heures avec la France. Tu dors en ce moment et moi je tente de ne pas penser à mon travail.
     
    Bon réveil,
     
    Marc-Léopold
     
     

  6.  
    Texte très bien écrit, j\’aurais pu être cette femme …
    hélas, nous pouvons toutes un jour ou l\’autre, être cette femme…Je ne suis pas paranoiaque et j\’ai rarement peur, j\’ai voyagé seule souvent, mais nos rues sont parfois plus dangereuses que celles de pays éloignés …
    Lia … féminine aussi et jamais aguicheuse
    Sourires

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