Archive | 19 mars 2008

Chronique d’une vie, suite I

 

 

Cette année 1934 fut riche en événements, il y eu en février de cette année là, une manifestation Place de la Concorde à Paris contre le gouvernement Daladier par les représentants de l’extrême droite qui l’accusait de corruption et contre les scandales politico financiers, notamment l’affaire Stavisky, où la police débordée tira sur la foule, il y eu 15 morts et de nombreux blessés, ce fut ensuite en juin celle qui fut appelée « la Nuit des longs couteaux » , lorsqu’Hitler fit éliminer les chefs de section d’assaut de Ernst Röhm (formation paramilitaire nazie) qui fut pourtant un instrument efficace pour son accession au pouvoir.

En cet automne qui suivit ces événements, Jeanne était loin de ces préoccupations. Elle préparait avec amour le panier picnique destiné aux saisonniers, dont l’un d’eux avait transformé sa vie. Elle était amoureuse ! Il lui fallait cacher soigneusement cet amour car Ferdinand son père l’avait bien mise en garde contre ce « voyou », ce briseur de cœurs, ce coureur de femelles, ce noceur à tout va, il n’était pas sérieux, c’était bien un marin, une fille dans chaque port……

Allez donc raconter ça à une jeune fille qui pense que l’AMOUR, celui avec le grand « A » peut sauver l’homme perdu. Bien évidemment, Jean avait été immédiatement séduit par cette brunette pulpeuse qui avait un sourire à damner un saint et un corps dont les formes appelaient le regard masculin. Et lorsqu’à l’heure de la pause, elle apportait la charcutaille, la ration de vin et de fromage, les fruits du verger, tous les regards étaient portés sur elle.

L’été avait été chaud et sec, les températures étaient de 37° un peu partout en France et les cours d’eau avaient atteint leur niveau le plus bas. En septembre, la canicule sévissait toujours, aussi, Jeanne était vêtue d’une robe printanière, légèrement vaporeuse, qui laissait deviner ses courbes harmonieuses. Elle confectionnait elle-même ses tenues, les 3 sœurs s’entr’aidaient  et s’habillaient de la même façon, même Hélène qui venait régulièrement à la ferme.

Chacun des ouvriers lui disait un mot gentil ou une blague, mais restait sur le ton de l’amitié, Ferdinand n’était pas loin. Il avait beau la surveiller Ferdinand, les amoureux surent trouver les moments de connivence, leur idylle se fit envers et contre lui, notamment lorsque venait le dimanche et que Jeanne allait visiter sa sœur Hélène. Les rencontres se firent fréquentes mais Ferdinand, devant les yeux brillants de sa fille devint soupçonneux. Il n’était pas sot Ferdinand, il connaissait les roueries amoureuses, aussi, lorsqu’il prit sur le fait sa fille dans les bras du brigand, tendrement enlacée, il prit un premier coup de sang. Il somma Jeanne de rompre et rendit visite aux parents de Jean qu’il respectait, car c’étaient de braves gens, honnêtes, mais qui avaient eu la malchance de mettre au monde ce garçon 15 ans après les autres, quand cette pauvre Marie se croyait ménopausée. Il avait été difficile leur Jean, pas méchant, ni voyou comme le disait Ferdinand, mais pas docile. Il s’était engagé dans la marine à 16 ans, avait fait son école sur le « Jeanne d’Arc », mais son indocilité l’avait fait dégrader plusieurs fois, il ne supportait pas l’injustice, et donc il avait boxé quelques nez à plus gradés que lui, ça ne lui avait pas porté chance.

La fin de la saison arriva, Jeanne était fébrile, elle usait de subterfuges pour retrouver son amoureux, puis tomba gravement malade, après une pneumonie elle contracta une méningite qui la laissa dans le coma, puis elle se remit lentement.

Devant l’entêtement de sa fille, la crainte qu’il venait de la voir perdue, il consentit à la donner en mariage à Jean le 14 mai de l’année suivante, mais lui dit :

« Tu prends ce vaurien pour mari, mais tu es bannie de la maison, je te renie ».

Il n’est allé au mariage que pour y consentir, et refusa l’accès de la propriété à sa fille.

A Suivre……..

Daniela.

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